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Le blog d’Hercule Martin Manager
 
puce Parcours et vie professionnelle en entreprise : gare au narcissisme ambiant !
Rubrique : Les clés de l'employabilité Publié le samedi, 23 juillet 2011
   

Imaginez une personne qui ferait ce qu’elle veut, sans trop s’occuper de l’impact de ses actions (ou paroles) sur les autres. Elle refuserait d’être responsable de ses actes et de se remettre en cause. Cette définition du narcissisme ne concerne pas seulement nos hommes politiques, mais vous (et moi). En effet, l’esprit ambiant, depuis une vingtaine d’années, nous pousse à cet état d’esprit.

Selon J. Twenge et W.K. Campbell, auteurs de « The Narcissism Epidemic », ce mouvement a commencé dans les années 60/70 quand les mouvements d’idées, par une sorte de réaction aux idées d’alors , ont poussé à l’individualisme en nous faisant briser les contraintes sociales et collectives de l’époque et ont plus particulièrement détruit l’idée que nous œuvrons non seulement pour nous, mais aussi pour nos enfants, en investissant par exemple dans l’éducation, la recherche, les infrastructures… Cela s’est traduit aussi dans les médias, la publicité, l’enseignement, par la valorisation de l’individu et de la réussite sociale individuelle.

En termes économiques, Reagan, dans les années 80, a favorisé l’application des idées de l’économiste Arthur Laffer qui professait alors que la réduction des impôts des particuliers et des entreprises provoquerait une hausse des dépenses de ces derniers et, par effet boule de neige, une augmentation générale de l’activité. Le débat budgétaire actuel aux USA est la claire illustration que les idées de Laffer ont toujours pignon sur rue. Les écarts croissants de salaires entre bas et hauts revenus montrent que chez nous, Laffer a aussi sévi (les discours sur les bonus des traders en sont un bon exemple).

Il en ressort aujourd’hui que nos infrastructures sont en retard (ceux qui prennent le train ou le métro le savent bien) ou que nous demandons à nos enfants de payer nos dépenses de santé durant les 25 ans à venir. Cela se retrouve également dans nombre de cultures d’entreprise où la responsabilité sociale (ou « RSE ») est souvent un habit pour masquer la recherche de profits à tout prix. Si nous sommes responsables collectivement, nous le sommes aussi à titre individuel : quelles attitudes ou comportements adoptons nous pour combattre cet état d’esprit ? Le risque associé est que cela peut se retourner contre nous sous forme d’une moindre mobilité sociale (l’ascenseur social républicain est en panne en France) et d’un accroissement des inégalités.

Même s’il faut ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain, il y a des risques à la fois économiques et psychologiques à ce jeu : « si je réussis, je suis bon, sinon je suis un raté, d’où pas de pitié pour les vaincus ». Or, un parcours professionnel n’est plus une ligne droite, mais une série de dents de scie avec des causes variées. Il est donc urgent de revenir à des valeurs plus profondes, avec une dimension collective, où la réussite ne passe pas seulement par l’argent.


Un beau sujet de réflexion pour votre été.

     
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