Gérard Rodach

Ils avaient tout compris

Un livre simple, mais jamais simplet. Un livre clair, et pourtant profond. Une philosophie lisible par moi, tout en assumant une réelle complexité.

Nicolas Lisimachio réussit à conjuguer développement personnel, grands penseurs antiques et philosophie pratique, sans céder aux facilités du « coaching » à la mode.

Le choix des chapitres est classique : les grandes problématiques humaines sur lesquelles Cicéron, Sénèque, Aristote ou Plutarque se sont déjà penchés. Mais si tout le monde s’accorde à en reconnaître l’importance, bien peu les appliquent au quotidien.

Lire la suite

Gare à nos nouvelles croyances

Le livre de Jean-Marie Schaeffer, Mythologies web, se lit avec aisance grâce à son équilibre entre réflexion philosophique et observation technique. S’inspirant de l’approche de Roland Barthes dans Mythologies, Schaeffer reprend l’idée que le mythe est un ensemble de représentations socialement partagées, immunisées contre l’épreuve du réel. Autrement dit, le mythe agit comme un écran protecteur qui simplifie ou déforme la complexité du monde afin de le rendre plus supportable ou plus conforme à nos désirs collectifs.  

L’auteur montre comment, à l’ère du numérique, nous continuons à produire ces mythes — non plus autour d’objets ou de récits culturels, mais autour des technologies elles-mêmes. Même face à une avalanche d’informations, nous façonnons des représentations confortables, souvent fausses, mais rassurantes.  

Lire la suite

Quand un ascenseur social est cassé…

Chez DALETT, nous aimons partager nos valeurs en présentant des livres. À travers ces pages, c’est tout un univers de sens, d’inspiration et de passion qui se transmet, pour nourrir la curiosité et faire rayonner ce en quoi nous croyons et que nous souhaitons partager avec vous.

Dans Le Tigre blanc, Aravind Adiga met en scène une Inde où une élite infime concentre pouvoir et richesse, tandis que la majorité reste enfermée dans une « cage à poules » sociale dont il est presque impossible de s’échapper. Le narrateur, Balram, comprend très tôt qu’il est prisonnier d’un système « fermé de l’intérieur » : même lorsqu’il progresse en devenant chauffeur, tout le pousse à rester à sa place, entre loyauté familiale, dettes et menaces implicites.

Lire la suite

Développez votre capacité de résilience

Chez DALETT, nous aimons partager nos valeurs en présentant des livres. À travers ces pages, c’est tout un univers de sens, d’inspiration et de passion qui se transmet, pour nourrir la curiosité et faire rayonner ce en quoi nous croyons et que nous souhaitons partager avec vous.

Vanessa Dougnac, journaliste française freelance, a couvert l’Inde et ses voisins pendant plus de 20 ans : guerres, boom économique, coups d’État, tsunamis. Dans ce monde, on se fait des amis… et des ennemis. L’essor du nationalisme hindou sous Narendra Modi la frappe de plein fouet : accréditation suspendue, expulsion. Ni autorités françaises ni soutiens indiens n’y changent rien. De cet exil et désœuvrement naît « Jungles » : récit intime mêlant bureaucratie kafkaïenne, souvenirs de terrain (Inde, Sri Lanka, Cachemire, Pakistan).

Dans un monde pro instable — management toxique, burnouts, ruptures brutales —, *Jungles* enseigne à anticiper la fragilité du statut via identité plurielle et résilience active. Dougnac transforme sa perte en réinvention par l’écriture.

Lire la suite

En 2026, saurez-vous dompter le vent à votre manière ?

Chez DALETT, nous aimons partager nos valeurs en présentant des livres. À travers ces pages, c’est tout un univers de sens, d’inspiration et de passion qui se transmet, pour nourrir la curiosité et faire rayonner ce en quoi nous croyons et que nous souhaitons partager avec vous.

Ce livre est à la fois un conte de fées et un rappel brutal de la réalité.

Un conte de fées, parce qu’un jeune garçon, privé d’école, confronté à la famine, dans un pays frappé par la corruption et les conséquences du réchauffement climatique, parvient à produire de l’électricité grâce à des manuels trouvés par hasard. Là où, pour nous, appuyer sur un interrupteur suffit à la lumière, au Malawi on attend souvent la fin d’une coupure. Là-bas, chaque fil de fer, chaque boulon devient une ressource précieuse. Construire une éolienne relève de l’inventivité constante et de la débrouille quotidienne.

Lire la suite

 Ce que “La laitière de Bangalore” nous dit de la transformation et des relations humaines 

En refermant *La laitière de Bangalore* de **Shoba Narayan », on réalise qu’un livre peut parler de bien plus qu’une simple vache. Derrière la production laitière, c’est tout un écosystème humain, social et symbolique qui se dévoile – un miroir étonnant de nos organisations et de nos transformations.  

Shoba Narayan, revenue en Inde après quinze années à New York, redécouvre une société à la fois ancrée dans ses traditions et bousculée par la modernité. Sa rencontre avec une laitière, femme d’un autre milieu, devient prétexte à une leçon de management interculturel : apprendre à observer, à écouter, à comprendre avant d’agir.  

Lire la suite

Et si la ténacité était notre meilleur levier face à l’injustice et à l’incertitude ?

J’ai récemment lu Rivage de la colère de Caroline Laurent, un roman qui dépasse largement la seule histoire d’amour pour devenir un véritable récit de résistance. Ce livre revient sur le drame méconnu des habitants de l’archipel des Chagos, déportés dans les années 1960 pour permettre l’installation d’une base militaire américaine, puis laissés dans la précarité et l’oubli.

Lire la suite

Et si votre parcours professionnel ressemblait à celui de Jawad

Dans *Seul le grenadier* de Sinan Antoon, Jawad rêve de devenir artiste, mais finit par reprendre le métier funéraire de son père, au cœur d’un Irak ravagé par les guerres.  Sa « petite histoire » se voit engloutie par la « grande Histoire » : contraintes politiques, violence, tradition familiale, tout semble l’éloigner de ce qu’il voulait être.

En entreprise, beaucoup de trajectoires ressemblent à celle de Jawad. On accepte un poste « provisoire » qui devient définitif, on reprend l’entreprise des parents ou le style managérial des prédécesseurs , on subit des réorganisations ou des crises qui redessinent nos choix. Ce que l’on appelle parfois « destin » ressemble souvent à un faisceau de contraintes : culture d’entreprise, héritage, contexte économique, géopolitique.

Ce que montre Antoon, pourtant, c’est que la fatalité n’est jamais totale. Jawad garde un regard critique, un désir d’art, une manière singulière d’habiter même le métier qu’il n’a pas choisi.  Transposé au monde professionnel, cela pose une question simple et exigeante : que faisons-nous de ce que nous n’avons pas choisi ? Comment garder une part de liberté dans un rôle imposé ?

Chacun de nous peut travailler sur trois niveaux :
– Identifier ce qui relève vraiment de la contrainte (contexte, structure, histoire de l’organisation).  
– Repérer ce que l’on reconduit par habitude ou loyauté, sans l’avoir consciemment choisi (posture managériale, rapport au pouvoir, à l’autorité).  
– Décider où placer sa part de liberté : dans la qualité des relations, la manière de prendre soin des équipes, la façon de donner du sens au quotidien.

Dans le roman, le grenadier se nourrit de l’eau qui a lavé les morts et continue pourtant à fleurir.  De la même façon, nos organisations portent une mémoire faite de crises, d’échecs, parfois de souffrances au travail. La vraie question professionnelle est alors : allons-nous traiter cette mémoire comme une fatalité qui se répète, ou comme une matière à transformer en apprentissage et en responsabilité partagée ?

Une allégorie du Leadership

J’ai trouvé ce livre dans une boîte à livres. Je connais bien Isaac Bashevis Singer pour avoir lu plusieurs de ses ouvrages, mais je n’avais encore jamais entendu parler de celui-ci.

C’est un roman très original, que j’interprète comme une vaste parabole — ou peut-être une allégorie — sur l’évolution de notre société. Imaginez des chasseurs-cueilleurs, les Lesniks (ou « hommes des bois » en polonais), vivant au cœur de la forêt et entrant parfois violemment en contact avec des bandes de guerriers. Ces derniers les réduisent en esclavage pour les sédentariser et les contraindre à pratiquer l’agriculture. C’est là l’origine, suggère Singer, de bien des civilisations.

Lire la suite

Les cris étouffés du bureau

Chez DALETT, nous aimons partager nos valeurs en présentant des livres. À travers ces pages, c’est tout un univers de sens, d’inspiration et de passion qui se transmet, pour nourrir la curiosité et faire rayonner ce en quoi nous croyons et que nous souhaitons partager avec vous.

Le roman Les cris de l’innocente d’Unity Dow, avocate et ex-juge botswanaise, dépeint un Botswana sous vernis démocratique où des meurtres sont occultés par des élites complices, et où une jeune soignante brise le silence face à l’indifférence institutionnelle. Ces thèmes d’invisibilisation des victimes, de déni collectif et de résistance individuelle se transposent directement aux entreprises françaises, où la souffrance au travail et les harcèlements moraux ou physiques touchent un million de salariés par an.

Lire la suite