carrière

Nous sommes (presque) tous des femmes au travail

« Les codes de l’entreprise restent penser par les hommes pour les hommes » : partant de ce constat, Anne-Cécile Sarfati, rédactrice en chef adjointe au magazine prodigue des conseils concrets pour être plus visible  dans son ouvrage  » Etre femme au travail : ce qu’il faut savoir pour réussir mais qu’on ne vous dit pas ».

A la lecture de ceux-ci, ne sommes-nous pas, messieurs, souvent des femmes au travail ?

  •  Cessez d’attendre qu’on vous repère spontanément : cette attitude peut être perçue comme un signe d’humilité mais aussi d’arrogance. Ne signifie-t-elle pas en effet, que vous seriez tellement géniaux qu’on devrait vous remarquer spontanément 
  • Acceptez que votre expertise et/ou vos résultats dans votre travail ne suffisent pas : certes le « faire » est important mais le « faire-savoir » l’est tout autant. « Nous sommes évalués non pas sur ce que nous sommes, mais sur la perception de ce qu’on semble être, non sur ce qu’on dit, mais comment c’est entendu, non sur ce qu’on fait, mais comment on est perçu en le faisant ». 
  • Apprenez les techniques de l’affirmation de soi... pour faire évoluer votre manière de communiquer avec les autres dans votre entreprise. 
  • Ne négligez pas les titres et les attributs des postes que vous occupez. Dans l’entreprise, il faut avoir du contenu bien sûr, mais également du style. Et le style passe par les apparences. Or quoi de plus apparent que les titres et les bureaux ?
  •  Devenez visible auprès de vos N+2 et N+3 : vous pouvez rayonner et tisser des relations utiles dans votre entreprise tout en restant loyal. Un moyen classique de se faire remarquer est d’accepter de participer, voire de proposer sa contribution lors de projets transversaux pilotés directement par la hiérarchie supérieure. Une autre stratégie est de participer à des conférences et autres séminaires, qui sont l’occasion d’échapper un peu aux règles hiérarchiques classiques.
  • Gérez votre image en réunion : beaucoup de personnes pensent qu’elles doivent tout savoir sur tout avant de se  lancer, qu’elles doivent parler doucement en pensant que c’est ainsi qu’on les entendra et elles sont terrorisées à l’idée d’être prises en défaut par leur auditoire. Mais il y a toujours une marge de manœuvre pour progresser dans son expression orale Si c’est le cas, faites un stage de prise de parole en public.
  • Ne négligez pas votre image en séminaire : il est bon de participer de bonne humeur aux fêtes et autres activités collectives, mais on ne peut ni tout y dire ni tout y faire. 
  • Préparez au maximum les entretiens … que vous pouvez avoir avec les gens « importants » de votre entreprise et notamment votre entretien annuel, si ce rendez-vous est prévu dans votre entreprise. Certes, il est important de garder son naturel et de communiquer selon sa propre personnalité, mais attention à ces petites habitudes de langage qui peuvent brouiller vos messages en donnant l’impression que vous manquez de confiance en vous…
  •  Développez votre réseau professionnel : il vous permettra de tisser des liens utiles pour vous mais également de rayonner puisque les gens qui vous connaîtront (client, collègues, etc.) pourront parler de vous.

Carrière : sachez tirer parti du mentorat

Le mentorat se développe de plus en plus. Ce qui a toujours existé de manière informelle (le maître et ses disciples, le leader et son aéropage) prend une forme officielle avec des politiques d’entreprise qui favorisent cette relation.

La notion de mentor se distingue de celui du coach. Disons en simplifiant que le coach a une relation professionnelle avec le coaché et celle-ci se définit par un certain nombre de séances et l’existence d’un objectif clair.

Le mentorat est une relation plus informelle de support, Le mentor transfère du savoir et du savoir-faire au mentoré dans le cadre de son développement professionnel. Le mentor donne son avis en réponse à des demandes du mentoré (ou lors d’observations de situations concrètes). Ces demandes peuvent porter aussi bien sur des aspects techniques que relationnels (exemple : les modes de rapport avec d’autres services) Le mentor joue un rôle de modèle pour le mentoré. La notion d’accompagnement dans le temps et de mesure de résultats est plus informelle et souvent plus longue.

Les mentorés choisissent souvent leur mentor parmi des gens d’expérience qui n’ont  pas de relation hiérarchique avec eux, ce qui lui donne une grande indépendance. Il peut s’agir d’un ancien professeur, d’un ami plus expérimenté ou d’un cadre de leur entreprise. Il est à noter que le mentorat est souvent perçu comme un accélérateur de carrière.

Que vous soyez mentor (potentiel) ou futur mentoré, comment définir les compétences attendues d’un mentor ?

Une relation de mentorat fait appel à quatre composantes : le développement des compétences en accord avec la personne,  un support adapté aux personnes et aux situations, la confiance et .l’autonomisation.

Les caractéristiques de la relation sont :

  • Le mentor vise par cette  relation privilégiée avec le mentoré, à lui donner la mesure de son potentiel.
  • Son mode de relation contribue à développer la confiance en soi du mentoré.
  • Il saisit toutes les occasions pour développer les compétences du mentoré (savoir, savoir-faire, savoir être).
  • Il utilise aussi bien l’apprentissage par l’exemple que celui par l’erreur pour faire évoluer le mentoré.

Même si la relation mentor-mentoré est plutôt informelle et laisse souvent l’initiative au mentoré, il est important de bien la clarifier en amont sous la forme d’un contrat afin que le contexte et son contenu  soient clairs.

La notion de contrat est ici à prendre au sens de l’analyse transactionnelle. Un contrat est « un engagement bilatéral explicite en vue de réaliser une action bien définie » (Citation d’Eric Berne, psychiatre américain (1910-1970, fondateur de l’Analyse Transactionnelle). Ce contrat détermine les objectifs et les modalités du déroulement. L’assentiment du mentoré à ces règles est une condition indispensable pour commencer à travailler ensemble.

Une des premières actions du mentor avec son mentoré est donc d’établir un contrat. Il peut être :

  • bilatéral (entre vous et le mentoré), et préciser ce que chacun donne et apporte ;
  • ou triangulaire, si la DRH ou un hiérarchique du mentoré vous confie une mission en ce sens.

Extrait du livre « Former, mentorer, tutorer » de Gérard Rodach et Dominique Szulka (ESF, 2013)

 

Carrière : quel héros voulez-vous être ?

Vous avez peut-être lu dans votre enfance des livres du style « le livre dont vous êtres le héros » : des livres où vous choisissez à chaque page ce que va faire le héros. Vous vous déplacez ainsi dans le livre au gré de vos choix. Depuis, la réalité a dépassé la fiction.

Aujourd’hui, vous lisez un roman et vous voyez très bien dans la peau du héros. Bien mieux, vous imaginez vos amis et collègues dans le rôle des autres personnages clés. Vous rêvez même que ce soit votre nom (et ceux de personnes  que vous connaissez) qui les remplacent. Un rêve ? Plus vraiment !

Divers éditeurs  (www.ustarnovels.com ou encore www.bookbyyou.com) vous offrent la possibilité de changer les noms de personnages par les ceux que vous choisirez et ce pour une somme de 24$ environ (ce service existe en anglais). La liste de livre personnalisables va depuis les grands classiques (Les Trois Mousquetaires par exemple) aux romans policiers en passant par les romans coquins.

Il est même possible de faire des essais gratuits.  Les éditeurs vont même jusqu’à résumer le livre et vous présenter les principaux caractères.

Alors imaginez quelques secondes, quel héros de livre vous aimeriez être et quels rôles feriez-vous jouer à votre entourage sur le plan professionnel, voire privée ?

Cela peut être révélateur de vos rêves et des images que vous projetez.

Prenons un exemple : » les trois mousquetaires » (http://www.ustarnovels.co.uk/personalised-classic-novels/the-three-musketeers/)

Qui serait pour vous apte à jouer le rôle de :

  • d’Artagnan, le héros du roman,  un jeune noble Gascon pauvre qui vient faire sa fortune à Paris. Il est courageux, noble, ambitieux, rusé et intelligent. Comme tout héros romantique, il est mû par l’amour et gouverné par la chevalerie, mais parfois tendance à tomber dans un comportement amoral.
  • Athos – Athos est le mentor de d’Artagnan
  • Aramis – un combattant habile qui possède une grande force intérieure.
  • Porthos -un combattant vaillant et courageux, mais aussi quelqu’un qui aime s’amuser.
  • Lady de Winter – appelé «Milady» par la plupart des personnages, qui est l’agent cardinal de Richelieu. .
  • Le cardinal de Richelieu –
  • Le roi Louis XIII – Roi de France,  une personne irascible et mesquin, et pense que ceux qui le manipulent le plus sont ceux qui sont les plus fidèles.
  • …

Amusez-vous bien !

Carrière : combien d’amis pouvez-vous avoir dans votre réseau ?

Gérer sa carrière aujourd’hui, c’est entre autres entretenir et développer son réseau de relations. La tendance est même à surdimensionner l’importance celui-ci. Avec les réseaux sociaux sur la toile, certains ont ainsi quelques milliers d’amis. Est-ce vraiment un réseau ?

 Robin Dunbar, un anthropologue anglais a repris les travaux des spécialistes des primates et en a conclu que la taille moyenne d’un groupe dans lequel chacun peut entretenir des relations avec les autres était de 148 (nombre arrondi à 150), un résultat qu’il estimait comme une hypothèse moyenne (l’intervalle de confiance à  95% est de 100 à 230).

Ce nombre est aujourd’hui largement utilisé tant dans les sciences sociales que dans le bâtiment, l’urbanisme ou la constitution d’équipes.

Que disent les spécialistes des primates ? Les primates ont besoin tant pour leur sécurité que pour leurs besoins sociaux de maintenir des contacts avec les autres membres du groupe.  Dunbar s’est appuyé à la fois sur l’évolution de la taille du néo-cortex (qui s’est développé il y a  250.000 ans), la taille des tribus du néolithiques et  les réseaux que se constituent les primates. Pour Dunbar, aller au-delà de 150 suppose un accroissement du néo-cortex.

En fait, Dunbar est d’une génération d’avant Linkedin. Ce qui n’est pas pris en compte, c’est la forme et la dimension de la relation. Vous pouvez avoir des relations serrées avec certains quand, dans le même temps, vous restez heureux (ou non) de revoir par hasard des anciens camarades d’école ou d’entreprises.

Nos ancêtres avaient besoin de groupes uniques et cohérents (le village par exemple) quand nous vivons avec des grappes de connaissances différenciés : les amis, les collègues, les gens avec qui vous partagez un hobby, les gens du même secteur d’industrie…

Il en ressort que cette approche par grappe vous permet d’aller bien au-delà des 150 (rappel : Dunbar parlait d’une moyenne entre 100 et 300) et que ce que vous devez réaliser, c’est votre besoin de grappe (idée reprise par Google +).

Dunbar, dans son livre Grooming,  Gossip and the evolution of language (Harvard University Press, 1997)  a d’ailleurs noté qu’il existait trois types de communautés  avec des gammes de taille respectives de 30-50 (les bandes), 100-200 (les lignages culturelles) et 500-2500 (les tribus). La base des liens est un langage commun.

Posez-vous donc la question de vos appartenances « linguistiques » : avec qui savez-vous et pouvez-vous échanger ? Cela explique pourquoi des réseaux sociaux qui vous permettent d’agglomérer à peu de frais des personnes qui ont des hobbies communs ou des métiers similaires peuvent favoriser des groupes de contacts de plusieurs centaines, voire de milliers de personnes.

Carrière : cherchez ce qui fait briller vos yeux

Je viens de terminer « le voleur d’ombres » de Marc Levy.  Ce livre, comme tous ceux qu’il a écrit, mélange à la fois le réel et le  merveilleux, avec une écriture claire qui nous fait rêver de page en page.  Pourquoi parler plus particulièrement de ce livre ici ? Parce qu’il y a quelques messages qui nous interpellent sur le plan de notre carrière : savoir faire briller les yeux, les siens et ceux des autres.

Dans ce livre (Pocket, 2011), le narrateur a un don. Les ombres lui parlent et lui révèlent les personnalités de chacun et leur destin possible. Je dis bien le destin possible parce que ce qui est notre atout, notre « génie » peut être enfoui au fond de nous, écrasé et caché par des tonnes d’injonctions parentales et sociétales.

Le narrateur, parfois à son corps défendant,  va aider certaines personnes à prendre conscience de leur vraie nature. Comme lui dit l’ombre d’un de ses amis : « trouve pour chacun de ceux dont tu dérobes l’ombre,  cette petite lumière qui éclairera leur vie, un morceau de leur mémoire cachée. »

Nous avons en chacun de nous quelque chose pour lequel nous sommes plus particulièrement fait (pour plus de détails je vous renvoie à la méthode NEWS : http://www.dalett.com/demarche-news/). Certains d’entre nous en ont conscience très tôt (rappelez-vous le film « Billy Elliott ») envers et contre tout. D’autres ont besoin du regard de leur entourage pour en prendre conscience (il aide la personne à prendre conscience de ce qu’il a de si distinct des autres). D’autres enfin font appel à des coachs (c’est l’un de mes rôles).

Mais comment sait-on qu’on y est arrivé ? A l’imitation de la phrase citée ci-dessus, c’est lorsque la petite lumière de ce que vous avez trouvé en vous, vous fait briller les yeux. Avez-vous déjà remarqué qu’une personne qui parle de ce qui réellement la passionne, a les yeux qui brillent ?

Cette lumière, vous pouvez aussi la trouver dans les yeux des autres. A l’instar d’un ami du narrateur qui déclare : « Je ne suis pas heureux ici. Je croyais qu’en devenant médecin je changerais de condition que mes parents seraient fiers de moi. Le fils du boulanger qui devient docteur, tu vois la belle histoire. Seulement voilà, même si je réussissais, je n’arriverais jamais à la cheville de mon père. Si tu voyais comme ils sont heureux ceux qui viennent à la boulangerie aux premières heures du matin. », vous pouvez en fait chercher d’offrir de la joie et du plaisir aux autres.

Alors, qu’est-ce qui vous fait briller vos yeux ?