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carrière : etes-vous une étoile de mer ou une araignée ?

Ori Brafman et Rod Beckstrom ont publié, il y a quelques années, un livre, « l’étoile de mer et l’araignée » (The Starfish and the spider, Portfolio Hardcover, 2006) qui offre un regard intéressant sur l’impact de la décentralisation (et de son opposé la centralisation) sur la gestion des organisations, qu’elles soient grandes ou petites. Nous sommes chacun d’entre nous une telle structure et notre mode d’organisation est en lien avec notre approche du monde extérieur. A ce titre-là, êtes-vous une araignée ou une étoile de mer ?

La métaphore du titre résume bien l’ensemble du livre : l’étoile de mer et l’araignée ont des formes semblables, mais des structures internes différentes. L’araignée a une structure centralisée et, si vous lui coupez la tête ; elle meurt. A l’inverse, une étoile de mer peut se régénérer à partir d’un seul morceau de bras.

Dans le monde des organisations, des entreprises comme General Motors, la BNP ou le gouvernement français ont des réflexes d’araignée. En périodes difficiles, tout est axé sur une recentralisation maximale qui, à la fois, renforcent l’impact des moyens et fragilisent l’ensemble si les résultats ne sont pas à la hauteur. Les personnes impliquées perdent leur autonomie et se désimpliquent.

A l’opposé, des structures comme Gore (connu pour le Goretex), Toyota (au niveau des équipes de montage) ou… Al Qaïda favorisent des organisations à intelligence collective, souple, décentralisée, sans chef traditionnel, et avec une grande capacité de réactivité.

Je vous renvoie à la lecture du livre sur les avantages et limites de chacun de ces modes d’organisation.

Ma réflexion porte plus sur la manière dont chacun d’entre nous intégrons dans notre comportement ces modes d’organisation en période facile ou difficile :
•Avez-vous tendance à tout centraliser ou à décentraliser ?
•Voulez-vous tout contrôler ou au contraire élargir votre réseau de contact et d’appui ?
•Vous donnez-vous un seul but ou bien en testez-vous diverses approches ?

La culture française (jacobine) et notre mode d’éducation nous incitent à être centralisateurs. La complexité du monde actuel et les opportunités d’action doivent nous faire réfléchir aussi s’il peut être intéressant d’être plus « étoile de mer ».
Cela s’applique aussi bien à votre mode d’organisation au quotidien avec vos proches, vos collègues que dans la recherche de votre futur emploi.

Appréciez la confiance que vous accordez à votre chef !

David Maister a beaucoup écrit sur la nature de la confiance à développer entre les consultants des sociétés de service et leurs clients. Son raisonnement peut se transposer dans la relation non hiérarchique à tous niveaux.

Dans son livre « The Trusted Advisor » (Free Press, 2001), il affirme qu’il y a quatre dimensions dans la confiance :

La crédibilité : elle vient de l’expertise professionnelle et de la reconnaissance de celle-ci par le client.

La fiabilité :   elle se révèle à travers des actions réalisées dans le temps.

L’intimité : cela touche à l’émotionnel. On ressent instinctivement si on peut ou non aborder toutes sortes de sujet avec la personne que l’on a en face de soi.

Les motivations personnelles : celles-ci peuvent réduire le quotient de confiance : « puis-je vous faire confiance au-delà de vos motivations personnelles ».

Vous pouvez étendre cette relation de confiance à votre manager et, plus globalement, à votre encadrement ; si vous notez chacun des points de zéro à dix (max.), où situez-vous votre zone de confiance vis-à-vis de vos responsables et collègues ?

Allez plus loin : quel regard pensez-vous que vos collègues, collaborateurs, encadrants…) portent sur vous ?

Qu’en déduisez-vous ?

Que pouvez-vous mettre en œuvre pour améliorer chacune des dimensions ?

Simplifiez votre regard sur vous-même

Imaginez un colloque sur la finance (sujet à l’ordre du jour, mais ce pourrait être aussi de la politique, de l’écologie, de l’économie…). De nombreux experts viennent vous expliquer ce qu’il faudrait faire. Le drame, comme souvent dans ce genre de réunions, c’est qu’ils vous proposent des solutions bien argumentées et définitives, mais malheureusement contradictoires. L’auteur*, dans son livre, imagine qu’un professionnel prenne la parole et présente ainsi son exposé :

S’il fallait jouer au Monopoly sans règles, ce serait le chaos. Imaginer maintenant si on remplaçait les six ou huit pages qui expliquent traditionnellement les règles du jeu par une centaine de volume de 2 ou 3.000 pages chacun en petits caractères. Qui pourrait encore y jouer ? Le banquier, ses amis, quelques tricheurs… il m’arrive de penser que c’est cette version qui s’impose aujourd’hui. Un peu de simplicité et de bon sens nous aiderait à nous arrêter un moment et à nous demander quel est le but du jeu, le vrai but du jeu…

Notre vie professionnelle (et souvent privée) présente les mêmes caractéristiques. Vous êtes chargés d’une mission avec des objectifs, mais en fait de multiples causes tant politiques que personnelles viennent compliquer les règles du jeu. En fait ce qui devrait être simple (le fait d’avoir un objectif clair) peut vous paraître complexe (vais-je réussir ? Quel est le risque de réussir ? De rater ? Suis-je fait pour ce type de tâche ? Dans le fond, qu’ai-je envie réellement de faire ?, …)

Au moment où vous êtes (ou vous vous préparez à y être) en vacances, c’est le bon moment de prendre ce recul sur la frénésie quotidienne et de vous poser quelques questions** :

• Quelle est ma mission actuelle ?

• Que voudrais-je obtenir à la fin de celle-ci (une activité similaire ? Différente ?)

• Qu’est-ce qui pourrait m’empêcher de réussir et de continuer dans cette direction ?

• Comment pourrais-je savoir que j’ai réussi ?

• Quel prix suis-je prêt à payer pour y arriver ?

• Quelle serait ma vie si je ne réalisais pas ce que j’ai toujours rêvé de faire ?

*ce livre raconte le trajet de Bruxelles à Lisbonne de deux personnes étrangères l’une à l’autre et qui au fil des heures vont échanger et apprendre à se connaître.

** retrouvez ces questions, et plein d’autres encore, dans mon dernier livre : « Donnez du sens à votre vie avec la méthode NEWS » (ESF, 2013)

Votre projet est perçu comme stupide ? Lancez-vous !

Daniel Isenberg, un spécialiste de l’entrepreneuriat vient de publier (en anglais) : « Worthless, impossible and studip » (Harvard Business Press, 2013). Il y explique notamment que :

  • Les meilleures réussites en entrepreneuriat sont basées sur la reprise d’idées déjà existantes et non sur l’innovation.
  • Vous n’avez pas besoin d’être un expert dans l’univers que vous visez pour réussir. Les meilleurs n’ont fait que repérer une opportunité. 
  • Le jeune âge est plus un handicap qu’un atout. Ce sont souvent des gens plus mûrs et expérimentés qui réussissent. 

Moralité : notre époque aime donner une image jeune aux entrepreneurs, peut-être pour permettre aux plus âgés de pouvoir s’auto-excuser de ne pas se lancer.

Soyez authentique, mais pas trop !


Qui n’a jamais entendu ces phrases : « Soyez authentique ! Soyez vous-même ! Restez naturel ! »

Est-ce que cela paie ? Oui, sûrement. D’abord, parce que vous faites illusion 15 minutes peut-être, mais très vite le naturel revient au galop et gare au contrecoup. Votre interlocuteur peut vous en vouloir de s’être fait piéger. Ensuite, parce que même si vous avez obtenu ce que vous voulez (un contrat, un poste, …), est-ce vraiment adapté pour vous ?

Mais devons-nous être purement authentique ?  Oui, mais avec un bémol : que représente votre authenticité pour votre interlocuteur ?

Dans son livre « Le management expliqué par l’art » (Ellipses, 2013), Olivier Babeau explique les grands concepts du management  au travers d’anecdotes issues du monde artistique. Il écrit notamment ceci à propos de l’authenticité :

Vous connaissez sûrement la Vénus de Milo qui est exposée au Louvre. Si elle est souvent présentée comme un parfait exemple de l’art grec classique, vous serez peut-être surpris d’apprendre qu’elle est doublement fausse :

  • Elle est tout d’abord une imitation des statues de l’époque classique (Vème avant JC), mais a été sculptée trois siècles plus tard. Il s’agit de la reprise d’un vieux classique avec des touches de modernisation, une sorte de « vintage » avant l’heure, à destination de clients intéressés par ce style modernisé (il y en a eu des centaines de copies à l’époque). Ce qui n’est pas « exact » aux canons classiques, c’est la torsion du corps, les plis des draperies et l’aspect dénudé.
  • La seconde erreur est son caractère dépouillé, sa blancheur. Or, à l’époque, les statues (et les monuments) étaient peintes. Il en était de même au Moyen Age avec les Cathédrales (ceux qui ont visité la sainte chapelle à Paris ont pu voir ce que cela donnait).

Cela veut dire qu’en art, le produit « authentique » n’est jamais repris tel quel, il est réinventé. En art, comme en marketing et … en recrutement, la vérité, l’authenticité n’ont aucune importance. Ce qui compte, c’est la manière dont les gens se représentent cette vérité. Les œuvres, comme les produits, sont des objets symboliques chargés d’une puissance d’association indépendante de leur authenticité.

Moralité : soyez authentique, mais pas trop !

Nous sommes (presque) tous des femmes au travail

« Les codes de l’entreprise restent penser par les hommes pour les hommes » : partant de ce constat, Anne-Cécile Sarfati, rédactrice en chef adjointe au magazine prodigue des conseils concrets pour être plus visible  dans son ouvrage  » Etre femme au travail : ce qu’il faut savoir pour réussir mais qu’on ne vous dit pas ».

A la lecture de ceux-ci, ne sommes-nous pas, messieurs, souvent des femmes au travail ?

  •  Cessez d’attendre qu’on vous repère spontanément : cette attitude peut être perçue comme un signe d’humilité mais aussi d’arrogance. Ne signifie-t-elle pas en effet, que vous seriez tellement géniaux qu’on devrait vous remarquer spontanément 
  • Acceptez que votre expertise et/ou vos résultats dans votre travail ne suffisent pas : certes le « faire » est important mais le « faire-savoir » l’est tout autant. « Nous sommes évalués non pas sur ce que nous sommes, mais sur la perception de ce qu’on semble être, non sur ce qu’on dit, mais comment c’est entendu, non sur ce qu’on fait, mais comment on est perçu en le faisant ». 
  • Apprenez les techniques de l’affirmation de soi... pour faire évoluer votre manière de communiquer avec les autres dans votre entreprise. 
  • Ne négligez pas les titres et les attributs des postes que vous occupez. Dans l’entreprise, il faut avoir du contenu bien sûr, mais également du style. Et le style passe par les apparences. Or quoi de plus apparent que les titres et les bureaux ?
  •  Devenez visible auprès de vos N+2 et N+3 : vous pouvez rayonner et tisser des relations utiles dans votre entreprise tout en restant loyal. Un moyen classique de se faire remarquer est d’accepter de participer, voire de proposer sa contribution lors de projets transversaux pilotés directement par la hiérarchie supérieure. Une autre stratégie est de participer à des conférences et autres séminaires, qui sont l’occasion d’échapper un peu aux règles hiérarchiques classiques.
  • Gérez votre image en réunion : beaucoup de personnes pensent qu’elles doivent tout savoir sur tout avant de se  lancer, qu’elles doivent parler doucement en pensant que c’est ainsi qu’on les entendra et elles sont terrorisées à l’idée d’être prises en défaut par leur auditoire. Mais il y a toujours une marge de manœuvre pour progresser dans son expression orale Si c’est le cas, faites un stage de prise de parole en public.
  • Ne négligez pas votre image en séminaire : il est bon de participer de bonne humeur aux fêtes et autres activités collectives, mais on ne peut ni tout y dire ni tout y faire. 
  • Préparez au maximum les entretiens … que vous pouvez avoir avec les gens « importants » de votre entreprise et notamment votre entretien annuel, si ce rendez-vous est prévu dans votre entreprise. Certes, il est important de garder son naturel et de communiquer selon sa propre personnalité, mais attention à ces petites habitudes de langage qui peuvent brouiller vos messages en donnant l’impression que vous manquez de confiance en vous…
  •  Développez votre réseau professionnel : il vous permettra de tisser des liens utiles pour vous mais également de rayonner puisque les gens qui vous connaîtront (client, collègues, etc.) pourront parler de vous.

Carrière : quel héros voulez-vous être ?

Vous avez peut-être lu dans votre enfance des livres du style « le livre dont vous êtres le héros » : des livres où vous choisissez à chaque page ce que va faire le héros. Vous vous déplacez ainsi dans le livre au gré de vos choix. Depuis, la réalité a dépassé la fiction.

Aujourd’hui, vous lisez un roman et vous voyez très bien dans la peau du héros. Bien mieux, vous imaginez vos amis et collègues dans le rôle des autres personnages clés. Vous rêvez même que ce soit votre nom (et ceux de personnes  que vous connaissez) qui les remplacent. Un rêve ? Plus vraiment !

Divers éditeurs  (www.ustarnovels.com ou encore www.bookbyyou.com) vous offrent la possibilité de changer les noms de personnages par les ceux que vous choisirez et ce pour une somme de 24$ environ (ce service existe en anglais). La liste de livre personnalisables va depuis les grands classiques (Les Trois Mousquetaires par exemple) aux romans policiers en passant par les romans coquins.

Il est même possible de faire des essais gratuits.  Les éditeurs vont même jusqu’à résumer le livre et vous présenter les principaux caractères.

Alors imaginez quelques secondes, quel héros de livre vous aimeriez être et quels rôles feriez-vous jouer à votre entourage sur le plan professionnel, voire privée ?

Cela peut être révélateur de vos rêves et des images que vous projetez.

Prenons un exemple : » les trois mousquetaires » (http://www.ustarnovels.co.uk/personalised-classic-novels/the-three-musketeers/)

Qui serait pour vous apte à jouer le rôle de :

  • d’Artagnan, le héros du roman,  un jeune noble Gascon pauvre qui vient faire sa fortune à Paris. Il est courageux, noble, ambitieux, rusé et intelligent. Comme tout héros romantique, il est mû par l’amour et gouverné par la chevalerie, mais parfois tendance à tomber dans un comportement amoral.
  • Athos – Athos est le mentor de d’Artagnan
  • Aramis – un combattant habile qui possède une grande force intérieure.
  • Porthos -un combattant vaillant et courageux, mais aussi quelqu’un qui aime s’amuser.
  • Lady de Winter – appelé «Milady» par la plupart des personnages, qui est l’agent cardinal de Richelieu. .
  • Le cardinal de Richelieu –
  • Le roi Louis XIII – Roi de France,  une personne irascible et mesquin, et pense que ceux qui le manipulent le plus sont ceux qui sont les plus fidèles.
  • …

Amusez-vous bien !