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Savez-vous vraiment poser des questions ?

Dès tout petit, nous questionnons : « pourquoi ceci ? pour quoi cela ? ». Plus grand nous continuons, mais notre registre de questions s’amenuise. Nos questions sont à 90% fermées, parce que plein de savoir et de certitudes, nous ne cherchons qu’à vérifier ce que nous pensons ou croyons. 

Voici un conte Haïtien qui vous illustre cela.

« Nèg save, un homme au grand savoir, parcourait le pays, offrant trois sacs d’argent à celui qui lui poserait des énigmes qu’il n’arriverait pas à résoudre. Il tombe, un jour, sur un jeune garçon qui jouait devant la case de ses parents. 

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La transmission au-delà des mots

Tout au long de sa vie, Antoine de Saint Exupéry (1900-1944), a écrit ses pensées sous la forme d’un texte où un roi berbère enseigne la vie à son fils. Ce texte inachevé (« Citadelle », Folio, 2000), a été publié après sa mort. Il s’agit d’un texte, qui nous interroge à la manière des Essais de Montaigne. Parmi ces pensées, une a plus particulièrement retenu mon attention. Celle à propos de la transmission du savoir, à l’heure où celle-ci se résume souvent à des formations courtes, voire en e-learning.

« Il me paraît bien évident que, si je disposais d’une humanité encore inanimée et si je voulais l’éduquer et l’instruire et la remplir des mêmes mille mouvements divers, le pont du langage n’y suffirait point. Car certes nous communiquons, cependant les mots de nos livres ne contiennent point le patrimoine.. 

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Pensez à vos gouttes d’huile

« L’avenir, c’est du passé en préparation » disait Pierre Dac, humoriste français (1893-1975). 

Durant ce mois de janvier, la coutume est de nous souhaiter mutuellement beaucoup de bonheur en 2023. En prolongeant les citations de Pierre Dac, cela revient à s’interroger sur nos moments de bonheur en 2023. 

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Quel auditeur détestez-vous le pus ?

Pas mal de commentaires sur article « soyez sceptique et écoutez » il y a 15 jours. Des tas d’idées, d’opinions. C’est enrichissant. Cela m’interpelle aussi. Rencontrons-nous souvent des personnes qui nous écoutent réellement ? Voici cinq des archétypes les plus courants de mauvaises auditions. Une manière de séparer le bon grain de l’ivraie.

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La belle espérance

Le monde a-t-il changé ? C’est un peu l’interrogation que vous pouvez avoir lorsque vous lisez cette BD qui se déroule en 1934-1936, et dans laquelle vous découvrez les évènements d’un point de vue macro (avec Léon Blum) et micro (au travers du regard des deux héros). 

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Nous voulons souvent ce que nous n’avons pas

Il y avait une fois un petit arbre couvert de feuilles aiguës. « Ah ! disait-il, mes voisins ont des feuilles agréables à voir. Les miennes sont comme des aiguilles. Je voudrais avoir…des feuilles d’or. »

La nuit vient, le petit arbre s’assoupit, et le lendemain matin il était transformé. Mais, à l’approche de la nuit, arrive un homme qui détache les feuilles d’or, les met dans son sac et s’enfuit.

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Comment remplir le vide ?

Qu’est-ce que le travail ? Avons-nous le droit et l’obligation de travailler, ou bien pouvons réclamer le droit à la paresse ? Autour de ce débat mi-politique, mi-médiatique, il m’est revenu en mémoire un livre qui, indirectement, nous donne quelques clés sur la question complémentaire : Et si nous ne travaillions pas, que ferions-nous ?   

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Dans son livre « La Préparation du roman, » (Seuil, 2015), livre qui reprend son cours au collège de France, Roland Barthes (1915-1980) fait une longue digression autour de ce dilemme : « Comment peut-on cesser d’écrire ? », avec tout ce que cela représente à la fois comme tentation et comme peur. 

Je transpose donc librement cette approche au travail. La fin librement consentie du travail peut d’abord être vécue comme un sabordage, le passage à un autre désir que celui d’écrire. Un exemple de cette déviation est celui de la grande démission actuelle, où de nombreuses personnes décident de trouver d’autres moyens de subsistance. 

Cela peut se traduire par un temps fait de loisirs où de voyages en lectures, le non-travailleur s’enrichit d’expériences sans autre but que l’ouverture au monde et aux autres. 

Il peut aussi, une autre étape, consacrer votre temps à du « bricolage », de menues tâches comme dessiner, jouer de la guitare ou bricoler. 

Au troisième niveau, dans cette gradation vers le Non-travail absolu, c’est la pure activité improductive, où le non-travailleur reste assis de longues heures sans rien faire, ni même souvent parler, le regard perdu dans le vide.  

Ce non-agir représente le vide intégral. Barthes cite deux vers zen pour symboliser cet état : « Assis paisiblement sans rien faire / Le printemps vient et l’herbe croît d’elle-même ». 

Et vous-même, si vous avez ou deviez-vous arrêter de travailler, quel niveau de non-travail choisiriez-vous ? 

En bref, comment remplir le vide de vos jours ? 

Avez-vous vu votre regard ?

Si le soleil se dérobe est un roman qui raconte l’arrivée à New York d’une Jamaïcaine, Patsy, qui cherche à réussir. Arrivée légalement en touriste, elle est accueillie par une amie d’enfance, Cicely, qui s’y est installée quelques années plus tôt. 

Ce livre m’a profondément troublé par le regard de l’autre. Cela pourrait se passer à Paris. 

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