« L’aboyeur apparut portant les signes distinctifs qu’exigeait sa fonction : une queue-de-pie noire dont les revers étaient reliés par une chaîne en argent, des gants blancs, une médaille épinglée au gilet, une baguette à pommeau d’ivoire. Il pouvait désormais recevoir le visiteur et clamer son nom dans l’assistance. Lire la suite
valeurs
Le talent et l’excellence vus par Orhan Pamuk
Dans son livre « Mon nom est rouge », Ohran Pamuk (Turc né en 1952, prix Nobel de littérature 2006) fait dialoguer au XVIe Siècle un ambassadeur ottoman, fasciné par l’art européen et notamment vénitien (expression des visages, utilisation de la perspective), et un miniaturiste ottoman, gardien de la tradition artistique perse.
L’ambassadeur : « Fais-moi le dessin de la mort.
– Je ne saurais, n’ayant vu de dessin de celle-ci, moi-même dessiner celle-ci à mon tour.
– Tu n’as tout de même pas besoin, pour peindre quelque chose, de l’avoir déjà vu en peinture ! Lire la suite
De la négociation au don
Jean-Edouard Grésy vient de co-écrire avec Alain Caillé « La révolution du don, le management repensé » aux éditions du Seuil. Ils y expliquent comment le don s’oppose à la négociation. Donner c’est faire confiance, ce fameux ingrédient, que tout le monde réclame mais que peu finalement savent susciter. Lire la suite
Travailler tout nu ?
Une agence de communication californienne a sorti le 1er avril un article expliquant comment cette agence a fait travailler tout nu ses salariés.
Classiquement, toute information de ce type du 1er avril est démentie le 2 avril. Mais cette fois-ci, la circulation effrénée de l’info sur le web, avec ses raccourcis, a pris de court la journaliste qui a été assaillie de deux types de mails
- Ceux qui s’indignaient de l’absence de serviette sur les chaises
- Et ceux qui rêvaient de vivre cette expérience (ou disaient l’avoir fait)
Comme le fait remarquer le journaliste de Slate qui reporte cette information (voir l’article intégral sur http://www.slate.fr/story/100595/faut-il-travailler-nu-open-space) on observe que cela va dans la droite ligne de l’évolution de la vie au bureau avec d’un côté, la suppression des cloisons et le travail en communauté, et d’autre part la tendance à vouloir faire de la vie au bureau un espace convivial, que ce soit par un relâchement des tenues («casual friday ») ou l’introduction des régimes bio ou de la méditation comme chez Google.
Rien ne prouve d’ailleurs que la tendance des open space et du relâchement sur le lieu de travail profite à la qualité du travail et à la productivité, mais cela en dit long sur l’évolution de notre rapport au travail et plus particulièrement la vie dans des bureaux.
Deux remarques :
- la journaliste n’a jamais pu faire passer le communiqué précisant qu’il s’agissait d’un poisson d’avril
- L’entreprise a fermé ses portes 15 jours, par manque de travail. La com. a été bonne, mais l’effet, nul
Qui veut tuer la motivation des collaborateurs ?
Dans nombre d’entreprises, les Chiffres d’Affaires sont stagnants, voire en baisse, les dépenses d’investissement coupées et les hausses de salaire limitées à un ou deux pour cent. Bref, pas facile d’être manager et de motiver son équipe sans perspective de nouveaux projets et de gains en retour. Bien plus, la tendance est à la réduction des effectifs, d’où une injonction paradoxale : faire plus, mieux, plus vite, le tout avec moins d’effectifs… sans gagner plus, voire moins (avec la baisse de l’intéressement).
Remarquez, tout le monde n’est pas perdant : les grands groupes, dans l’ensemble, se portent bien, grâce aux ventes sur d’autres marchés et la non-harmonisation fiscale à travers le monde, ce qui leur permet de gagner plus d’argent.
Air France : le non bonheur au travail ?
Mardi dernier, Arte a diffusé un reportage sur le bonheur au travail (encore visible sur Arte Replay et Youtube)
Voici une courte vidéo (1’) qui résume bien l’esprit
Au début de ce documentaire, un enseignant explique qu’il y a aujourd’hui, dans les entreprises occidentales, environ 11% de gens activement engagés dans leur travail, 61% de désengagés, et le reste (38%) activement désengagés. Cela donne quoi ? Voyons le cas Air France : Lire la suite
Quel mode de relation commerciale voulons-nous demain ?
Deux événements se sont entrechoqués cette semaine :
- Un premier vote (au forceps) pour le passage à 12 dimanches ouverts dans les commerces. Aujourd’hui vous avez le droit d’acheter des meubles le dimanche, mais pas de bricoler.
- L’obligation faite à un boulanger des Landes de « fermer » au moins un jour / semaine (quand de nombreux commerces (type grandes surfaces) peuvent vendre du pain sept jours sur sept.
Qui a tort ? Qui a raison ? Qui gagnera ? Je ne sais pas, mais cela conduit à s’interroger sur le type de relation commerciale que nous voulons demain.
Management : la justice et l’égalité sont-elles possibles ?
Roger-Pol Droit a publié dernièrement dans les Echos une tribune que lui a inspiré les événements en Grèce. Au-delà de la comparaison politique, je me demande si cela ne pourrait pas s’appliquer à l’entreprise. Une entreprise composée uniquement de généraux ou bien sans hiérarchie est-elle viable ? A l’heure où l’entreprise libérée (je fais allusion au livre d’Isaac Getz) fait parler d’elle tout comme l’entreprise transversale, voici un beau sujet de réflexion.
Le texte de la dernière comédie d’Aristophane, créée devant le peuple d’Athènes en 388 avant notre ère, résonne en effet de manière insolite – voire insolente – sur les événements en cours. Personnage-titre de cette pièce : Ploutos, dieu de la richesse et de l’argent. Lire la suite
Qu’est-ce qui fait la puissance des livres ?
Dans un très beau livre sur la fin de la civilisation Aztèque, Alain Gerber imagine un dialogue entre un fin lettré et son fils, autrefois soldat et à présent magistrat, à propos d’un texte sur l’écriture des livres par les savants :
«Le savant pose son regard sur les choses, règle leur chemin, il dispose et ordonne. Il applique sa lumière sur le monde. L’encre noire et rouge lui appartient, les livres sont à lui, les livres sont à lui. Lui-même est écriture et connaissance. Il est le chemin, le guide des autres. » Lire la suite
Testez le fonctionnement de votre organisation !
Le 22 décembre 2014, Le Pape François s’est adressé à la Curie (le comité de direction de l’Eglise) en ces termes (extraits de son discours, voir à la fin de l’article le lien pour lire l’intégrale de ce discours).
Lisez-le en pensant : « mon organisation sait-elle traiter ces dysfonctionnements » ?
Il est beau de penser à la Curie romaine comme à un petit modèle de l’Église, c’est-à-dire comme à un « corps » qui cherche à être plus vivant, plus sain, plus harmonieux et plus uni., La Curie romaine est un corps complexe, composé de bureaux, qui sont coordonnés pour fonctionner de manière efficace en dépit de la diversité culturelle, linguistique et nationale de ses membres.
La Curie est appelée à s’améliorer et à s’améliorer. Pourtant, comme tout corps, comme tout corps humain, elle est exposée aussi aux maladies, au dysfonctionnement, à l’infirmité.
1. La maladie de celui qui se sent « immortel », « immunisé » ou tout à fait « indispensable ». L’antidote à cette épidémie est la grâce de se sentir pécheurs et de savoir dire: « Nous n’avons fait que notre devoir ».
2. Autre maladie : le « marthalisme » (qui vient de Marthe) ou l’activité excessive. Elle concerne ceux qui se noient dans le travail. Le temps du repos, pour celui qui a mené à bien sa mission, est une nécessité, un devoir. Il faut retenir ce qu’enseigne l’Ecclésiaste : « Il y a un moment pour tout ». Lire la suite














