
Je pensais découvrir des sculptrices. Pas passer un entretien avec moi-même.
C’est pourtant ce qui m’est arrivé en lisant « Visionnaires », le livre qui accompagne la carte blanche de Prune Nourry au Petit Palais à Paris (jusqu’en janvier 2027).
Au fil des pages, je découvre des femmes artistes méconnues ou oubliées de l’histoire de l’art. Et je me dis que la postérité a parfois la mémoire sélective. Surtout quand il faut retenir des noms féminins.
Mais ce qui m’a le plus intéressé, ce sont les raisons pour lesquelles Prune Nourry a choisi ces femmes.
La force intérieure de Sarah Bernhardt. L’engagement d’Hélène Bertaux pour les autres artistes. Le refus des cases chez Marcello. L’ouverture aux autres cultures chez Clara Rilke-Westhoff.
Derrière ces choix, j’ai vu se dessiner un autoportrait de Prune Nourry. Une façon de parler de soi en laissant, pour une fois, toute la place aux autres. Sur LinkedIn, le procédé mérite d’être signalé.
Puis une question un peu moins confortable s’est invitée : pourquoi ai-je, moi, retenu précisément ces traits-là ?
La liberté, la persévérance, la solidarité… Est-ce ce qui me ressemble ? Ce qui me manque ? Ou ce que j’aimerais voir figurer dans ma biographie, rédigée par quelqu’un de bienveillant ?
Nos admirations disent quelque chose de nous. Mais elles ne constituent pas forcément un certificat de bonne conduite : admirer l’audace ne nous rend pas audacieux. Ce serait trop pratique.
Voilà ce que j’ai aimé dans cette lecture : découvrir des créatrices, entrevoir celle qui les rassemble et finir par examiner mes propres choix.
Et vous, si vous deviez choisir trois œuvres pour parler de vous, lesquelles retiendriez-vous ?
Celles qui vous ressemblent… ou celles qui vous arrangent ?
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