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Perfection ou excellence ?

Voici un texte extrait d’un livre aujourd’hui épuisé (mais trouvable d’occasion) sur la différence entre la perfection et l’excellence.

« Le perfectionnisme est un piège dangereux. Il nous séduit, parce que nous estimons qu’il est nécessaire à la réussite, alors qu’il en est le plus grand obstacle. Il nous empêche de prendre des risques, de chercher de nouvelles perspectives et d’utiliser des solutions originales pour résoudre les problèmes.
Si l’excellence est un processus dynamique d’amélioration constante, la perfection est un état statique (et hypothétique) à l’aune duquel nous nous jugeons toujours mal !
La prise de risques fait partie des ingrédients essentiels d’une vie motivante, et il n’est pas possible d’attendre d’être parfait pour commencer à en prendre. Si vous n’imaginez pas la réussite possible sans la perfection. Vous aurez tôt fait de tomber dans le piège de la victimisation. A partir de là, cette perfectibilité deviendra votre meilleure excuse pour ne rien entreprendre.
Imaginez que vous regrettiez de ne pas savoir écrire de la poésie. Qui vous empêche ? Peut-être trouverez-vous le frein (un souvenir scolaire de la notation par exemple). L’obligation que vous vous donnez d’écrire un poème « parfait » vous empêche alors d’essayer de composer le premier vers. Dans ce cas, vous traversez votre vie comme si quelqu’un était sans cesse en train de vous observer et de vous « noter ».
La peur de ne pas être parfait vous interdit alors de prendre les risques qui s’imposent pour mener une vie satisfaisante.
Le perfectionnisme conduit directement à la paralysie. La bonne nouvelle, c’est qu’être responsable (et tendre vers l’excellence) n’a rien à voir avec le fait d’être parfait. »

Alors, devez-vous chercher la perfection ou l’excellence ?

Dans votre tête, voyagez-vous en 1ère ou en 2ème classe ?

Quel regard portez-vous sur vous-même ? Quel regard les autres portent-ils sur vous ?  Le hasard de mes pérégrinations en région parisienne m’ont conduit à acheter un ticket de train parce que je sortais de mon espace Navigo  (pour les automobilistes et non-parisiens, il s’agit de la carte de transport en région parisienne) ;

A la vue de ce ticket, j’ai constaté  que je voyageais en 2ème classe. La belle affaire ! Il n’y a qu’une classe dans les transports parisiens et ce depuis… 1991 !

Vous auriez pu penser qu’il n’est nul besoin d’indiquer la classe sur le ticket puisqu’il n’y en a plus ? Non, la SNCF a jugé utile de la maintenir. Pourquoi ? Mystère !

En tout cas, ce qui est interpellant, c’est qu’elle ait retenu la 2ème classe. Le gouvernement de l’époque aurait pu imaginer nous faire tous monter en 1ère (dans les trains, il n’y a que la couleur des sièges qui changent, et encore !).  Non ! Nivellement par le bas, tout le monde en seconde. De toutes façons, ici, les nantis et les puissants, ne prennent pas le train, mais la voiture.

Cela est très caractéristique d’une culture française de l’égalité par la médiocrité. « Je ne veux pas voir une tête qui dépasse », donc tout le monde se base sur la moyenne la plus basse. Il y a d’autres cultures où, à l’inverse, on considère que les gens naissent égaux et avec la même chance, donc que les meilleurs gagnent : ils seront reconnus.

A l’opposé, chez nous, réussir est mal vu et gagner de l’argent, c’est encore pire.

Voici une grille de lecture pour l’étude d’Alma Consulting, parue en septembre 2013, et que nous dit l’absentéisme (et la désimplication) des cadres augmente d’année en année.

Alors, dans votre tête, dans quelle classe circulez-vous ?

Marquez votre originalité

 

Banksy est un des artistes les plus célèbres du Street Art ; Ces œuvres se vendent à des prix faramineux  et un film à sa gloire attiré des centaines de milliers de spectateurs (« exit through the gift shop »). Banksy est aussi un original et il a vendu dernièrement certaines de ses œuvres au prix modique de 60 $ dans un endroit très passant de New York, le long de Central Park. Le résultat fut décevant. Lieu inapproprié ou absence de mise en scène ? Nul ne le sait.

Cela m’attire trois réflexions

  1. La première est que toute œuvre d’art a besoin d’un environnement adéquat pour être mise en valeur. Chacun d’entre nous est une œuvre d’art. Quels talents vous reconnait-on ? Les connaissez-vous ?
  2. La deuxième est qu’un artiste peut être reconnu par ses fans, mais qu’il n’a pas de grande valeur pour les autres. Par qui êtes-vous reconnu ? Est-ce ceux-là qui sont importants pour vous ?
  3. La troisième est que Banksy a fait plus parler de lui dans les médias par cette action qui ne lui a pas couté grande chose (voire même rapporté de l’argent) que par une expo ou une œuvre originale. Il a cassé les codes classiques de la communication à son avantage. Et vous ? comment pouvez-vous élargir votre notoriété professionnelle de manière originale et là où on ne vous connait pas ou peu, mais où vous aimeriez aller un jour ?

Quel est votre talisman ?

Les adultes appellent cela un talisman, un porte-bonheur et les enfants, un doudou ; le but est le même = le besoin de se rassurer, de se sécuriser, un porte-bonheur qui vous protège.

Une petite liste (non exhaustive) de trucs qui marchent pour leurs auteurs

•Avoir dans sa poche (ou devant ses yeux) le caillou porte-bonheur acheté dans un endroit symbole
•Porter un modèle particulier de chaussures (ex. Des chaussures oranges)
•Lacer ses chaussures d’une certaine manière
•Porter un vêtement « talisman » (vous le portiez le jour où un évènement positif est arrivé)
•Le fait de se raser ou pas (dans le sport, par exemple : pensez aux crânes rasés des handballeurs français)
•Passer ses appels téléphoniques assis ou debout
•…

Si certains sont propres à leurs auteurs, d’autres sont culturels
•Aux USA, il n’y a souvent pas de 13ème étage.
•En Chine, le chiffre « huit » est considéré comme chanceux.
•En Angleterre, une carapace de tortue a été enterrée sous la tour Heron (un principe du Feng Shui)
•Jeter du sel avant d’entrer dans un nouveau logement
•…

Si cela peut vous paraître amusant et inoffensif, sachez qu’une étude de 2010 de l’Université de Cologne (http://pss.sagepub.com/content/21/7/1014) démontre que des rituels peuvent améliorer la confiance en soi et encourager les gens à se fixer des objectifs plus élevés.

Les chercheurs ajoutent que les rituels agir comme déclencheurs. «Ce sont des habitudes qui nous rappellent de faire certaines choses et de se comporter de certaines façons. Si vous regardez un joueur de basket faire rebondir systématiquement le ballon trois fois avant de de tenter un panier, c’est qu’il déclenche sa mémoire musculaire et cela l’aide à éviter les distractions. L’élément déclencheur lui-même n’a pas de sens, Il sert juste à vous rappeler. »

Il en est de même de tous nos « trucs » : quand vous prenez du recul, l’idée de penser qu’une paire de chaussures apporte de la chance est stupide, mais c’est toujours quelque chose que nous faisons. C’est comme dire à vous-même dans le miroir:« Vous êtes puissant, vous êtes en confiance. Vous mettez votre foi dans les chaussures et laissez les chaussures s’inquiéter à ce sujet ».

Si vous n’en avez pas, prenez garde que votre interlocuteur peut en avoir un et y croire.

Simplifiez votre regard sur vous-même

Imaginez un colloque sur la finance (sujet à l’ordre du jour, mais ce pourrait être aussi de la politique, de l’écologie, de l’économie…). De nombreux experts viennent vous expliquer ce qu’il faudrait faire. Le drame, comme souvent dans ce genre de réunions, c’est qu’ils vous proposent des solutions bien argumentées et définitives, mais malheureusement contradictoires. L’auteur*, dans son livre, imagine qu’un professionnel prenne la parole et présente ainsi son exposé :

S’il fallait jouer au Monopoly sans règles, ce serait le chaos. Imaginer maintenant si on remplaçait les six ou huit pages qui expliquent traditionnellement les règles du jeu par une centaine de volume de 2 ou 3.000 pages chacun en petits caractères. Qui pourrait encore y jouer ? Le banquier, ses amis, quelques tricheurs… il m’arrive de penser que c’est cette version qui s’impose aujourd’hui. Un peu de simplicité et de bon sens nous aiderait à nous arrêter un moment et à nous demander quel est le but du jeu, le vrai but du jeu…

Notre vie professionnelle (et souvent privée) présente les mêmes caractéristiques. Vous êtes chargés d’une mission avec des objectifs, mais en fait de multiples causes tant politiques que personnelles viennent compliquer les règles du jeu. En fait ce qui devrait être simple (le fait d’avoir un objectif clair) peut vous paraître complexe (vais-je réussir ? Quel est le risque de réussir ? De rater ? Suis-je fait pour ce type de tâche ? Dans le fond, qu’ai-je envie réellement de faire ?, …)

Au moment où vous êtes (ou vous vous préparez à y être) en vacances, c’est le bon moment de prendre ce recul sur la frénésie quotidienne et de vous poser quelques questions** :

• Quelle est ma mission actuelle ?

• Que voudrais-je obtenir à la fin de celle-ci (une activité similaire ? Différente ?)

• Qu’est-ce qui pourrait m’empêcher de réussir et de continuer dans cette direction ?

• Comment pourrais-je savoir que j’ai réussi ?

• Quel prix suis-je prêt à payer pour y arriver ?

• Quelle serait ma vie si je ne réalisais pas ce que j’ai toujours rêvé de faire ?

*ce livre raconte le trajet de Bruxelles à Lisbonne de deux personnes étrangères l’une à l’autre et qui au fil des heures vont échanger et apprendre à se connaître.

** retrouvez ces questions, et plein d’autres encore, dans mon dernier livre : « Donnez du sens à votre vie avec la méthode NEWS » (ESF, 2013)

Votre projet est perçu comme stupide ? Lancez-vous !

Daniel Isenberg, un spécialiste de l’entrepreneuriat vient de publier (en anglais) : « Worthless, impossible and studip » (Harvard Business Press, 2013). Il y explique notamment que :

  • Les meilleures réussites en entrepreneuriat sont basées sur la reprise d’idées déjà existantes et non sur l’innovation.
  • Vous n’avez pas besoin d’être un expert dans l’univers que vous visez pour réussir. Les meilleurs n’ont fait que repérer une opportunité. 
  • Le jeune âge est plus un handicap qu’un atout. Ce sont souvent des gens plus mûrs et expérimentés qui réussissent. 

Moralité : notre époque aime donner une image jeune aux entrepreneurs, peut-être pour permettre aux plus âgés de pouvoir s’auto-excuser de ne pas se lancer.

Qui sont vos blondes flashantes ?

Dans son dernier livre (éditions Leo Scheer, 2013), Serge Koster attire notre attention sur la double biographie d’Alfred Hitchcock : la biographie « réelle » de sa vie et celle liée à ces films et à l’aura de gloire qui entoure ses films. Comme il le dit très justement (page 68) : « Julien Gracq (in Entretiens, 2002) pose, après Proust, qu’il existe une biographie de l’écrivain distincte de celle de l’homme, qui a sa courbe, ses péripéties à elle, sans lien apparent avec les événements de sa vie, parce que les seuls éléments en sont les livres, écrits ou  manqués, et ce qui les a fait naître. »

Dans le cas d’Hitchcock, Serge Koster parle du rôle des « blondes  flashantes » (Grace Kelly, Kim Novak, Eva Marie Saint et  Tippi Hedren)  dans les films et la bio du cinéaste

Transposons cela dans la vie en entreprise : votre image, dans la tête de vos collègues, clients, fournisseurs, recruteurs…  est-elle liée à vous-même (avec vos qualités et défauts)  ou aux résultats (positifs ou négatifs) qui vous sont imputés (à tort ou à raison) ? L’image qui vous colle est-elle  celle d’une personne un homme qui a été au bon endroit pour hériter du succès d’une action (ou de son échec) ?

Cela serait sans conséquence si ces résultats ne vous marquaient pendant longtemps (pour le bien ou pour le pire).

Ainsi, quelqu’un qui aurait l’image d’un redresseur d’entreprise (à tort ou à raison) peut ne se voir proposer que de tels postes. De même, si le hasard des évolutions dans votre entreprise vous a fait évoluer vers un poste sans intérêt pour vous (et vos compétences), n’y a-t-il pas le risque d’avoir du mal à en sortir aux yeux des recruteurs ?

Alors, qui sont vos « blondes flashantes » ?

Comment écrieriez-vous honnêtement votre bio ?

Laquelle préférez-vous ? La « brillante »  (liée aux actions qui vous sont attribuées) ou la réelle ?

Le manager de proximité, un métier à forts enjeux

Coincé entre la hiérarchie et la base, le manager de proximité doit faite exécuter des ordres sans en avoir ni les moyens (humains, matériels…) ni la possibilité de les transférer sur quelqu’un d’autre. C’est un job qui demande à la fois beaucoup d’humain, de volonté et de clarté dans les orientations. Ci-dessus une intervention de Jean Pol Roulleau qui montre bien l’évolution du manager de proximité de la transmission d’ordres à celui de développeur des compétences. Une image de ce qui attend l’ensemble des encadrants ?

Soyez pianiste de votre avenir !

Dans la partie supérieure du centre commercial de La Défense, il y a un grand nombre de restaurants disposés en U avec, au centre, un piano à queue disposé sur une estrade. Rien de particulier si ce n’est que le piano joue tout seul (miracle de l’électronique). Bien sûr un pianiste est prévu à certaines heures (notamment le week-end), mais dans le fond, en a-t-on réellement besoin ? la musique dispensée est variée de bonne qualité et les touches du piano qui s’agitent, créent un sentiment de vie (si non, on pourrait remplacer le tout par de grandes enceintes).  Le pianiste a-t-il encore un avenir ? Si la magie est celle du piano, alors, laissons les pianos seuls et sirotons notre breuvage préféré en regardant le piano.

Si j’étais pianiste, je m’inquiéterais. Bien sûr, le pianiste peut s’adapter facilement à la demande, reprendre un morceau qui a plu, créer une ambiance… Tout cela est difficile pour un piano électronique qui se programme à l’avance. Oui, mais… le piano électronique n’est pas payé,  n’a pas de charges sociales, se repose très peu et ne se met pas en grève. La tentation est donc grande pour les responsables de centres (centres commerciaux, bar, restaurants…) de se passer de plus en plus de pianistes.

La situation est-elle désespérée ? Oui, si les pianistes restent dans le cercle restreint des salles de concert. Non, si ils cherchent à aller au-devant des « mélomanes ». L’exemple ci-dessus présenté sur la photo est à New York, au milieu de Washington Square (Greenwich Village) où chaque week-end, un homme vient avec son piano à queue jouer au milieu de la foule. Oui, mais c’est en Amérique, dites-vous !

Vous pouvez retrouver la même situation en France et à Paris plus particulièrement. En voici deux exemples vus cette semaine (liste non exhaustive !).

  • A l’entrée du métro Saint Germain des Près, sur le boulevard Saint Germain, j’ai croisé plusieurs fois un groupe de jazz avec un vrai piano droit.
  • A Opéra, sur le quai en direction de Villejuif / mairie d’Issy, un joueur de synthétiseur (d’accord, ce n’est pas un piano).

Je ne sais si le marketing est enseigné au Conservatoire, mais certains semblent en avoir tiré les leçons. Voici un bel exemple de mise en valeur de son savoir (et savoir-faire) Savons-nous faire de même avec nos talents, c’est-à-dire les mettre en valeur au bon endroit ?

WRAP ! Améliorez vos prises de décision

Chip Dan et son frère Heath viennent de publier un livre (Décisif : comment faire un meilleur choix dans la vie et d’affaires (Crown affaires, Mars 2013)) sur comment améliorer sa prise de décision.

Prendre une décision n’est pas toujours simple. Parfois bien utiliser le « 5P »  (pourquoi ? pourquoi ?…) peut suffire à analyser un problème et à prendre une bonne décision. Dans d’autres cas, c’est plus complexe : le degré de risque est plus important.

Extraits du livre, voici quatre mesures pour améliorer sa prise de décision, le tout résumer en un mot :  « WRAP »

« W » pour « élargissez vos options ».  Pensez, par exemple, à au moins deux solides options pour chaque décision.

Des études ont montré que la majorité des décisions sont prises seulement avec une alternative. Or, les décisions prises avec deux alternatives se révèlent six fois plus efficaces.

« R » pour «  faites des (micro) tests en Réel de vos hypothèses ». Si vous débattez avec d’autres sur des hypothèses,  sachez résoudre les désaccords en faisant des minitests en réel.

En effet, nous sommes deux fois plus susceptibles de considérer l’information qui sous-tend nos hypothèses que celle qui s’y oppose, d’où le risque de débat sans fin.

« A » pour Atteindre un certain recul. Demandez-vous ce que votre successeur ferait.

Nous avons tendance à privilégier le statu-quo. Des études ont montré que sur le temps, même des décisions du passé arbitraires sont considérées comme justes et valables.

P» pour préparez-vous à   avoir tout faux. Donnez-vous d’emblée un plan B si votre plan A ne répond pas   à vos attentes.

Nos prévisions sont souvent   incorrectes, même si nous avons pris un maximum de précautions pour les   établir. Dans une étude, les médecins qui avaient exprimé avec certitude un   diagnostic avaient pourtant tort dans 40% des cas.

Cette méthode n’est pas seulement réservée aux décisions complexes  d’entreprise. Vous pouvez aussi l’utiliser pour vos décisions de   carrière  « Quelles sont mes alternatives ? Puis-je tester   certaines hypothèses ? Comment prendre du recul avant de prendre une   décision ? »

Cela remplacera la fameuse trilogie de la décision, dite la « 3P » :   «Politique, Persuasion et…Power Point ».