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Etes-vous un charpentier ?

TraitecinqrouesLe titre japonais de cet ouvrage a une origine bouddhique. En effet, la roue est le symbole de la prédication bouddhique. Au Japon, on rencontre souvent des pagodons à 5 étages appelés « gorinto » (= pagode des cinq roues) qui figurent les cinq éléments : Terre, Eau, Feu, Vent et Vide.  Ils symbolisent la nature entière. Mushashi (XVIème Siècle, le plus fameux escrimeur japonais) y expose sa philosophie en s’aidant de ces cinq éléments.  Dans l’élément « Terre », il compare le militaire au charpentier.

 Le général est un maître charpentier. Il a le sens des dimensions du monde, corrige le mesures d’une province et connaît les membres du clan. Lire la suite

Je suis introverti et ça me réussit

Le 13 mai 2015, RTS (Radio Télévision Suisse) m’a interviewé dans le cadre de son émission SPECIMEN.

En voici un court extrait de mon intervention.

Retrouvez l’émission intégrale sur http://www.rts.ch/emissions/specimen/6669018-je-suis-introverti-et-ca-me-reussit.html

Et en parallèle sortie de mon ebook sur le sujet !   20 minutes de lecture, 2 € ! Vous pouvez le lire sur votre smartphone (appli gratuite Kindle dans votre Apps store) ou sur votre ordinateur

Kindle couv je suis introverti

Plus d’informations sur  http://goo.gl/yzWvkA

Travailler tout nu ?

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Une agence de communication californienne a sorti le 1er avril un article expliquant comment cette agence a fait travailler tout nu ses salariés.

Classiquement, toute information de ce type du 1er avril est démentie le 2 avril. Mais cette fois-ci, la circulation effrénée de l’info sur le web, avec ses raccourcis, a pris de court la journaliste qui a été assaillie de deux types de mails

  • Ceux qui s’indignaient de l’absence de serviette sur les chaises
  • Et ceux qui rêvaient de vivre cette expérience (ou disaient l’avoir fait)

Comme le fait remarquer le journaliste de Slate qui reporte cette information (voir l’article intégral sur http://www.slate.fr/story/100595/faut-il-travailler-nu-open-space) on observe que cela va dans la droite ligne de l’évolution de la vie au bureau avec d’un côté, la suppression des cloisons et le travail en communauté, et d’autre part la tendance à vouloir faire de la vie au bureau un espace convivial, que ce soit par un relâchement des tenues («casual friday ») ou l’introduction des régimes bio ou de la méditation comme chez Google.

Rien ne prouve d’ailleurs que la tendance des open space et du relâchement sur le lieu de travail profite à la qualité du travail et à la productivité, mais cela en dit long sur l’évolution de notre rapport au travail et plus particulièrement la vie dans des bureaux.

Deux remarques :

  • la journaliste n’a jamais pu faire passer le communiqué précisant qu’il s’agissait d’un poisson d’avril
  • L’entreprise a fermé ses portes 15 jours, par manque de travail. La com. a été bonne, mais l’effet, nul

Votre marketing est-il à jour ?

Notre économie se porte mal. Aussi, les entreprises portent toute leur attention au chiffre d’affaires à court terme, en se répétant comme Keynes, « dans le long terme nous serons tous morts ».

Conséquence : le marketing tend à tomber à désuétude au profit des ventes à court terme (Cherchez un emploi dans le marketing et vous verrez !). Ce n’est pas le cas partout et de nombreuses entreprises tirent parti de leur marketing pour survivre et se différencier. Quand vous examinez cela de plus près, vous constatez que ce n’est plus le même marketing. Il a évolué sur cinq points : Lire la suite

Qui veut tuer la motivation des collaborateurs ?

 

Dans nombre d’entreprises, les Chiffres d’Affaires sont stagnants, voire en baisse, les dépenses d’investissement coupées et les hausses de salaire limitées à un ou deux pour cent. Bref, pas facile d’être manager et de motiver son équipe sans perspective de nouveaux projets et de gains en retour. Bien plus, la tendance est à la réduction des effectifs, d’où  une injonction paradoxale : faire plus, mieux, plus vite, le tout avec moins d’effectifs… sans gagner plus, voire moins (avec la baisse de l’intéressement).

Remarquez, tout le monde n’est pas perdant : les grands groupes, dans l’ensemble, se portent bien, grâce aux ventes sur d’autres marchés et la non-harmonisation fiscale à travers le monde, ce qui leur permet de gagner plus d’argent.

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Le courage selon Jean Jaurès

En 1903, à Albi, Jean Jaurès prononça un discours resté célèbre devant les lycéens d’Albi. Ce texte garde aujourd’hui toute sa force, tant sur le plan républicain que sur le plan professionnel. En voici un extrait où j’ai remplacé les références à la république par l’envie de progresser et de monter en compétences (en italiques dans le texte).      

Mesdames, Messieurs, Jeunes élèves,

Il y a vingt-deux ans, je prononçais ici un discours sur le thème : les jugements humains. Ce qui reste vrai, à travers toutes nos misères, à travers toutes les injustices commises ou subies, c’est qu’il faut faire un large crédit à la nature humaine.

L’histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’invincible espoir.

Dans notre France moderne, qu’est-ce donc que vouloir développer son professionnalisme ? C’est un grand acte de confiance. Et si votre parcours se vit dans un monde turbulent, c’est assurer que vous vous adapterez sans rien abandonner de votre fierté juste et sans atténuer l’éclat de son principe.

Les hommes qui vous ont précédés et formés en avaient conscience. Et pourtant que de vicissitudes et d’épreuves avant que votre professionnalisme soit reconnu et récompensé.

Une telle action de montée en compétences réussit parce qu’elle est ambitieuse, et l’homme ne peut s’élever sans avoir aussi une ambition. Ceux qui, depuis un siècle, ont mis très haut leur idéal ont été justifiés par l’histoire.

Qu’on ne nous accuse point d’abaisser et d’énerver les courages. Le courage, ce n’est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre ; car le courage est l’exaltation de l’homme, et ceci en est l’abdication. Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces ; c’est de garder dans les lassitudes inévitables l’habitude du travail et de l’action. Le courage dans le désordre infini de la vie qui nous sollicite de toutes parts, c’est de choisir un métier et de le bien faire, quel qu’il soit ; c’est de ne pas se rebuter du détail minutieux ou monotone ; c’est de devenir, autant que l’on peut, un technicien accompli. Le courage, c’est d’être tout ensemble, et quel que soit le métier, un praticien et un philosophe. Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale. Le courage, c’est de surveiller exactement sa machine à filer ou à tisser, pour qu’aucun fil ne se casse, et de préparer cependant un ordre social plus vaste et plus fraternel où la machine sera la servante commune des travailleurs libérés. Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de n’en pas être accablé et de continuer son chemin. Le courage, c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.

 

Vive Jaurès !

Le texte original et complet  du discours de Jean Jaurès : http://www.lours.org/default.asp?pid=100

L’art de poser de bonnes questions

 

Comment donner à votre entourage l’envie de réussir, de mener à bien des actions audacieuses ?

La majorité d’entre nous ont tendance à distiller, consciemment ou  non, de la peur comme carburant pour l’action chez leurs collaborateurs, tout en pensant insuffler du positif.  Cette peur ou cette pression négative peut être notre adrénaline, nous aiguiser, et nous faire réaliser des exploits. Elle peut être aussi un facteur de paralysie.

Comment éviter d’insuffler cette peur ? Par notre manière de poser des questions.

Exercice : demandez à un de vos collègues / collaborateurs de débattre avec vous de son problème le plus pressant et utilisez pour cela les questions suivantes :

  • Quel est le problème ?
  • Quelles sont les causes profondes ?
  • Qui est à blâmer ?
  • Qu’avez-vous essayé qui n’a pas fonctionné ?
  • Pourquoi n’avez-vous pas été en mesure de résoudre le problème encore ?

Puis recommencez la discussion, en utilisant à la place ces questions:

  • Que souhaitez-vous faire ?
  • Pouvez-vous rappeler un moment où, dans une situation pareille,  vous avez réussi, même en partie ? Qu’est-ce qui l’a rendu possible ?
  • Quel est le minimum que vous pourriez faire et qui pourrait réaliser et qui pourrait faire une  grande différence ?
  • Qu’avez-vous retenu de notre discussion de ce jour ?

Laissez passer cinq minutes et échangez avec votre collègue sur ce que vous et lui avez ressenti dans chacune des discussions.

En général, la différence perçue est tangible. La première série de questions, idéales pour résoudre les problèmes techniques, entraîne souvent des réactions défensives et laisse les participants sur la défensive. En revanche, les participants disent se sentir interpellé et motivé à agir.

Pourquoi utilisons-nous alors la première série de questions ? Elles fonctionnent bien pour des questions techniques simples. Mais si nous sommes dans des échanges complexes orientés solutions, la deuxième série de questions évite la peur et la justification.

 

Comment obéissez-vous ?


20 mars 1995, des adeptes de la secte Aum répandent du gaz sarin dans le métro de Tokyo. 18 mois plus tard, l’écrivain japonais Murakami veut comprendre et décide de rencontrer des témoins (survivants et membres de la secte).

 Ces interviews révèlent les failles d’une société où affleurent le spectre du fanatisme et la fragilité des êtres.  

Extrait d’un entretien avec un ancien membre d’Aum (non impliqué dans l’attentat)

 

La plupart de ceux qu’on a interpellé étaient des adeptes si dévoués qu’ils ont fait ce qu’on leur demandait

Murakami : Et vous, auriez-vous désobéi ?

Les dirigeants de la secte ont été malins : ceux qui ont agi ont été mis dans une situation où la secte les a déstabilisés au point qu’ils ne pouvaient y échapper. On les a rassemblés et les chefs leur ont dit : « c’est un ordre d’en haut. Vous avez été spécialement désignés ». Les chefs en ont appelé à leur fierté et à leur sens du devoir.

Si un chef que je n’appréciais pas particulièrement m’en avait donné l’ordre, je crois que j’aurais désobéi. Mais si c’était quelqu’un que j’admirais et respectais, j’aurais hésité. Et s’il m’avait dit : « je vais avec toi », je l’aurais peut-être fait. En d’autres termes, tout se ramène aux relations entre individus.

La logique ne joue pas un rôle très important dans les motivations des gens. Je me demande si ceux qui ont diffusé le gaz étaient capables d’une pensée logique quand on les a sommés de le faire. Ils n’ont pas eu de présence d’esprit, ils ont été entraînés par les évènements, affolés et ils ont fait ce qu’on leur ordonnait. Quiconque ayant la force de penser logiquement n’aurait pas fait ça.  Dans les cas de « gourouisme », le système des valeurs des individus est complétement oblitéré ; et dans de telles situations, les gens n’ont plus la force mentale pour lier leurs actions à la mort de tant de personnes.

La grande majorité n’a pas eu l’occasion d’être confronté à de telles situations (et je ne nous le souhaite pas).

Toutefois, l’interview nous interpelle : savons-nous « réfléchir » aux ordres reçus ?  Quelles sont nos capacités à dire « non » ? Est-ce notre conception de l’autorité, notre désir de plaire ou le fatalisme qui nous conditionne le plus ?

Acceptez votre vulnerabilité

Pourquoi refusons-nous les critiques ? Pourquoi avons-nous du mal à nous faire entendre des autres ? Pourquoi ne sommes-nous pas aimés et acceptés comme nous voudrions l’être ? Pourquoi voulons-nous être en contrôle de tout, de nous, de notre image, de notre environnement ? Pourquoi sommes-nous la génération qui consomme le plus de médicaments et d’alcool ? Pourquoi recherchons-nous aujourd’hui en politique comme en religion plus de certitudes ?

Dans une démonstration pleine d’humour, Brene Brown, une chercheuse-conteuse américaine en Sciences sociales nous fait part de sa conclusion : nous n’avons pas le courage de nous aimer tels que nous sommes et nous refusons, cachons, nions nos imperfections. Et pourtant, ceux qui sont les plus heureux, ce sont ceux qui s’acceptent tels qu’ils sont.

 

Cela n’est pas nouveau (en France, des psychiatres comme Christophe André ont développé des approches similaires.), mais c’est bon de l’entendre dire d’une manière spirituelle, enjouée et profondément humaine.

Merci à Andréa Goulet (ICF) pour avoir attiré mon attention sur cette vidéo.