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puce Le talent et l’excellence vus par Orhan Pamuk
Rubrique : Lectures d'Hercule Martin,Mieux gérer le changement permanent Publié le vendredi, 21 août 2015
   

Mon nom est rougeDans son livre « Mon nom est rouge », Ohran Pamuk (Turc né en 1952, prix Nobel de littérature 2006) fait dialoguer au XVIe Siècle un ambassadeur ottoman, fasciné par l’art européen et notamment vénitien (expression des visages, utilisation de la perspective), et un miniaturiste ottoman, gardien de la tradition artistique perse.

L’ambassadeur : « Fais-moi le dessin de la mort.

– Je ne saurais, n’ayant vu de dessin de celle-ci, moi-même dessiner celle-ci à mon tour.

– Tu n’as tout de même pas besoin, pour peindre quelque chose, de l’avoir déjà vu en peinture !

– Non, c’est vrai, mais si tu veux que ton dessin ait la perfection des tableaux de maître, il faut s’être exercé des milliers de fois. Quelle que soit la maîtrise du peintre, il peindra tout nouveau sujet comme s’il était un débutant et cela est indigne de moi et de tout l’art que j’ai acquis.

-Ce n’est pas l’expérience, mais la virginité qui nous prépare à l’excellence. 

Quelques lignes plus loin, le miniaturiste poursuit : « A quel aune mesure-t-on le talent du miniaturiste ? Est-ce à sa capacité de peindre n’importe quel sujet avec la même perfection que les maîtres anciens, ou est-ce à celle de mettre en peinture du jamais vu ? »

– Pour les Vénitiens, la puissance d’un artiste se mesure à sa faculté de découvrir de nouveaux sujets, jamais représentés, et de nouvelles techniques, lui répond l’ambassadeur.

–  Les légendes et les peintures témoignent du fait que tous les hommes sont différents et non qu’ils se ressemblent particulièrement. Le miniaturiste acquiert ses lettres de noblesse en représentant des histoires toujours plus originales, qui nous ressemblent néanmoins.       

Quelques mots sur ce livre : Au début des années 90, l’auteur a envie de raconter l’histoire d’un peintre, d’exprimer ce qu’il sait de la peinture, comment fait-on pour être peintre, d’où vient ce besoin de peindre, quelles sont les joies que l’on ressent à peindre le monde qui vous entoure.

L’action de son livre se situe donc à la fin du 16e siècle dans l’empire ottoman, à un moment où le mécénat culturel est important sous l’influence de la peinture miniaturiste perse qui rayonne de l’Afghanistan jusqu’à Istanbul au sein d’ateliers « interconnectés ».

Des questions philosophiques animent son travail et s’exprimeront dans les pages du livre : pourquoi, alors que l’art islamique se réduisait à une représentation mentale de l’univers et n’a pas évolué, l’Occident a-t-il développé la perspective et libéré l’individu au moment de la Renaissance ? (Ces trois derniers paragraphes sont extraits d’une synthèse d’une conférence de l’auteur http://www.turquieeuropeenne.eu/orhan-pamuk-ecrire-mon-nom-est-rouge.html))

 Plus largement, ce livre nous interpelle sur notre propre définition de l’excellence et du talent : est-ce reproduire à la perfection ce qui existe déjà, trouver de nouvelles pistes ou prendre en compte ces deux dimensions ? Ce texte est aussi intéressant sur la représentation du changement : faire comme on a toujours fait, changer tout ou trouver des pistes d’adaptation ?

     
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