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Le blog d’Hercule Martin Manager
 
puce Le cygne noir fiche de lecture 2/2
Rubrique : Les clés de l'employabilité Publié le jeudi, 5 juin 2008
   

Au lieu d’élaborer une pensée « probabiliste complexe », nous continuons à voir le monde à l’aune de la courbe de Gauss, c’est-à-dire, quelques rares extrêmes de part et d’autre et une cloche où se concentre la plus grosse moyenne. Or, justement, les « cygnes noirs » sont autant d’événements pour lesquels la courbe de Gauss n’est pas valable. L’occurrence de tremblements de terre, de tsunamis ou de crises financières ne peut se décrire qu’avec des modèles mathématiques plus compliqués que la courbe de Gauss.

Par ailleurs, merci à Bob Gillepsie qui a réagi : pour lui, ce livre n’est pas bon. Je publierai lundi ses remarques. A vous de faire votre propre jugement

Quelques idées extraites du livre

« Le gagnant rafle la mise ».

il y a des activités à effet démultiplicateur (ou effet de levier) et d’autres sans. Les premières sont celles où l’on vend des idées, un produit intellectuel, une transaction ; les secondes celles qui commercialisent le labeur. Les premières sont sujettes à d’extrêmes variations et au syndrome du « gagnant rafle la mise ». Très peu de gens y gagnent beaucoup d’argent et beaucoup presque rien. Les secondes appartiennent au monde des moyennes. Les inégalités de revenus entre les médecins sont sans commune mesure avec celles des artistes. A moins de franchiser des cliniques à son nom et d’écrire des best- sellers de médecine douce, un très bon médecin ne se distingue pas par ses revenus d’un bon, voire d’un confrère médiocre. Par conséquent, ceux qui privilégient la sécurité des revenus choisiront des activités réglées par les moyennes ; ceux qui croient en leur chance se risqueront aux activités régies par les extrêmes. Avec un hic pour les premiers : cette économie de la connaissance et des talents, profondément inégalitaire et sujette aux soubresauts du hasard, tend à supplanter celle du labeur. Et un hic pour les seconds : gros lot ou catastrophe, la plupart ne comprennent pas ce qui leur arrive…

Pourquoi sommes-nous aveugles au hasard ?

Parce que nous ne sommes pas outillés pour naviguer dans ce nouveau monde. La raison profonde en est – c’est la thèse fondamentale de Nassim Taleb – l’asymétrie de notre connaissance de ce monde. Ce que nous ignorons est plus grand, bien plus grand, que ce que nous connaissons. L’idée paraît d’une simplicité confondante et pourtant notre cerveau nous joue mille tours pour nous confondre. Ce serait un effet collatéral de l’évolution darwinienne. Nos ancêtres, primates évolués, ont appris à fuir à la perception du moindre danger, souvent associé à l’inconnu. S’arrêter pour y réfléchir, c’était donner le temps au lion de vous dévorer. Aujourd’hui encore, nous ne prenons pas assez le temps de réfléchir. « Or penser prend du temps. » Et penser l’inconnu, en prend encore davantage.

Les pièges du cerveau.

En prenant le temps d’y réfléchir, grâce à ses auteurs fétiches – les sceptiques empiriques -, Nassim Taleb a identifié une dizaine de ces distorsions cognitives qui nous induisent en erreur et nous masquent les « cygnes noirs ». Ceux-ci ont ainsi donné leur nom au hasard talébien en hommage à « l’erreur de confirmation », scientifiquement connue sous le nom de principe de l’induction posé par Karl Popper : on affirmera que tous les cygnes sont blancs pour s’en être convaincu en cherchant à le confirmer par des milliers d’observations, au lieu d’essayer de l’infirmer… jusqu’au jour où un explorateur débarque en Australie et voit ses premiers cygnes noirs. Nous sommes aussi victimes d’illusion narrative (besoin de se raconter des histoires), de réassurance anesthésiante (confort du même), d’illusion ludique (propension à simplifier et à modéliser le hasard sur les jeux), d’arrogance épistémique (tendance à surestimer ce que l’on sait, en sous-estimant toujours ce que l’on ne sait pas).

« Absence de preuves n’est pas preuve d’absence ». L’oublier est une autre manière d’occulter un pan de la réalité. Démonstration avec Cicéron rapportant l’histoire. Pour convaincre l’agnostique Diagoras des vertus de la foi, on lui montre des portraits de dévots qui ont survécu à un naufrage après avoir prié. « Montrez-moi les portraits de ceux qui ont prié et se sont noyés quand même », rétorque le sceptique. A se focaliser sur ce que l’on voit en ignorant ce que l’on ne voit pas – comme l’avait montré Frédéric Bastiat -, on réduit l’échantillon de départ. « Les joueurs ont souvent bénéficié de la chance des débutants », dit-on volontiers (ce qui est aussi vrai des traders). Seulement, « il serait inconscient de se lancer dans les paris sur cette assertion, car l’échantillon des joueurs qui se disent oints par la chance omet tous ceux – les plus nombreux – qui ont commencé par perdre et ont arrêté de jouer. »

La courbe de Gauss au pilori.

C’est là que le philosophe sceptique recroise le monde mathématique de la finance. Le siècle passé a été celui de Gauss, le père de la célèbre courbe en cloche chère aux statisticiens. En soi cet instrument n’a rien de critiquable… Sauf quand on l’applique aux activités régies par l’Extrémistan. En effet, cette courbe rejette à des années-lumière la probabilité d’événements extrêmes – les deux queues plates de la courbe en cloche. Ces événements deviennent invisibles et impensables aux utilisateurs de la courbe. Or la théorie des portfolios et la formule de tarification des options Black et Scholes, les instruments financiers vedettes de ces dernières années, sont précisément fondés sur les principes statistiques de la courbe de Gauss, alors que le monde auquel les super matheux les appliquent – les marchés financiers – ne suit pas du tout les règles de distribution de la courbe. D’où les faillites, krachs et paniques financières qui s’en suivent car, ces instruments négligeant l’occurrence de risques extrêmes, les traders misent dans le noir.

Les fractales de Mandelbrot à la rescousse.

Ses recherches sur le hasard ont rapproché le financier philosophe du mathématicien Benoît Mandelbrot. Celui-ci a mis en évidence les lois fractales qui régissent la construction de la nature : arbre et flocon de neige ont pour point commun que leur tout est conçu par ramification de leur unité, le tronc pour l’arbre, le cristal de neige pour le flocon. Cette fractalisation obéit à des lois de puissance (carré, cube, etc.) et non, comme la courbe de Gauss, à des lois exponentielles. Si 1 est le tronc,1 puissance 5 est l’arbre, etc. L’Extrémistan fonctionne selon les fractales. Si 10 000 exemplaires faisaient un best-seller il y a un siècle, aujourd’hui celui-ci se chiffre à 105. Les équations de Mandelbrot ne permettent pas d’anticiper les cygnes noirs. Mais elles aident à évaluer les pertes auxquelles on s’expose si un cygne noir devait survenir, et ainsi d’éviter les trous noirs les plus dangereux.

(Extrais du livre « The black swan (editeur Penguin) de Nassim Nicholas et Taïeb et extraits d’articles de P.M. Deschamps (Enjeux Les Echos) et d’A. Belkaïd, Quotidien d’Oran)

     
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