Transmission et secrets

Dans son livre « Patronyme », Vanessa Springora part à la recherche de secrets dans sa famille. Cette recherche des non-dits qui « suintent » dans son quotidien influe sur sa vie et son comportement.  Cela existe-t-il dans le monde professionnel ? 

Ma réponse est oui : l’équivalent des « secrets de famille » est une réalité dans le monde professionnel, même si leur nature et leurs conséquences diffèrent. On parle alors de secrets d’entreprise, de secrets professionnels, ou encore de non-dits organisationnels. 

S’il y a des secrets « légitimes » comme des informations confidentielles nécessaires à la protection de l’entreprise (stratégie, innovations), il y a aussi des secrets « nocifs » qui maintiennent des situations problématiques, empêchent la résolution de conflits ou nuisent à la santé psychologique des collaborateurs. 

Cela joue également dans la transmission de savoir : un collaborateur qui refuse de transmettre son savoir-faire peut générer de la méfiance, du malaise au sein d’une équipe, voire des crises en cas de départs à la retraite ou d’arrêts maladies. 

Tout comme il est classique d’encadrer juridiquement la confidentialité des secrets professionnels : accord de confidentialité, clauses dans les contrat, comment réussir une culture positive de la transmission de savoir ? 

La première clé est de créer une culture de partage, où la transmission est valorisée que ce soit par des récompenses, de la reconnaissance ou l’exemplarité de l’encadrement. 

La deuxième clé est la mise en place d’outils collaboratifs : plateforme, wiki, tutoriels, FAQ…

Le troisième facteur est l’existence de processus structurés : ateliers, mentorats…

Le quatrième facteur de succès est un accompagnement individuel pour lever les craintes et motiver. 

Enfin, le temps joue un rôle non négligeable dans l’anticipation des départs et/ou des changements de poste. 

Pour notre part, nous rencontrons dans nos actions de transmission de savoir des manquements sur un ou plusieurs points.

Et dans votre entreprise, qu’est-ce qui est mis en place pour faciliter la transmission de savoir ?